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mainbolflamme207.jpg Françoise
52 ans.



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Samedi 8 mars 2008

En son grand âge, Mamie paraissait si fragile,

la peau diaphane, les os transparents,

aussi légère qu'une plume.

Attention aux courant d'air!


C'était miracle, qu'elle soit debout et avance à tout petit pas.


Le fil fragile qui la retenait à la vie,

c'était l'espoir, de guérir de cette maladie mortelle, la vieillesse,

l'espoir de retourner à la vie.

En son esprit, le temps s'était aboli.

Elle se croyait jeune et faisait des projets d'avenir.

" Demain, je sors d'ici. Je trouve un logement. Je retourne travailler à F...
Là, ils m'apprécient. Je peux encore soulever de gros cartons. La dame qui m'aide à m'habiller a téléphoné pour moi. Ils m'attendent..."

Je ne répondais pas.

Pauvre Mamie.


"Quand est-ce que je sors d'ici? Je suis bientôt guéri?"

Elle retombait dans sa léthargie, son esprit ne restait jamais parmi nous au delà du quart d'heure.


L'espoir, ce fil si fragile s'est cassé, un matin de plus de lucidité.

Elle m'a dit:

"je sais que je ne quitterais plus cette maison, aussi je vais partir... partir..."


Partir... ce mot pour remplacer une autre mot que l'on ne prononce pas...


Elle a répété et répété," je vais partir".

Doucement, elle a emporté cette phrase, là où vont les esprits de ceux qui ne sont déjà plus de notre monde.

Partir...

Le soir, elle s'est doucement endormie.

Elle ne s'est plus réveillée.

Par Françoise - Publié dans : Impromptus littéraires
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