22 voici les gnomes

Publié le par Françoise

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Je m'étais endormie au pied d'un svelte châtaignier.

Je les ai vu passer par la forêt.

22, voici les gnomes avec leurs lourdes capes bossues, leurs bonnets à oreilles, leurs chapeaux à larges bord, l'un vénérable avec sa cane, l'autre les cheveux fous au vent.

Où ils allaient, d'où ils venaient, personne ne sait. Ils passaient, un point c'est tout.


Ils marchaient.

Ils marchaient en longues files, posant ensemble leurs gros souliers d'un même pas. On entendait les bangs de la terre qui tremblait sous leur pas et et les frottements de lézard grincheux de leurs vêtements.

Ils marchaient en ribambelles, si léger qu'il se confondaient avec le frémissement des feuilles au vent.

Ils traversaient les fougères en les caressant avec tant de tendresse que de leurs traces ne restait qu'un sillage doré.

S'ils traversaient un fourrée, ronciers s'écartaient avec révérence pour leur ouvrir un chemin ignoré.

A leur passage, de grands eucalyptus, que faisaient -il dans cette forêt de Dordogne? se montraient à nus, dévoilaient leurs troncs pales et nus pour les saluer.

Soudain, un coup de vent secoua les chênes qui se mirent à neiger des flocons feuillus, qui s'abattaient en vols doucereux, qui s'amassaient au pied des fougères pour construire comme un igloo sous la neige.

Au bord d'un chemin, ils s'arrêtèrent. D'un coup ils furent des géants, dont les pieds ancraient la terre, la tête frôlaient les nuages. Les gestes de leurs mains caressaient le paysage, effleuraient les coteaux au loin, qui se lovaient langoureusement à leur passage. Ils chatouillaient les brins d'herbes au sol qui se redressaient comme un printemps.

Puis ils devinrent petits enfants, petits enfants qui avançaient tout doucement pour ne pas effaroucher la splendeur de l'étang au détour du chemin. Ils s'arrêtèrent et méditèrent devant le miroir qui dévoile le paysage intérieur.

Les pins penchés sur le rivage se coloraient d'infinis verts, de bruns et de lumière pour les éclairer.
Des gouttes d'encre violettes pendaient des aiguilles pour écrire une histoire secrète qui commence par ces mots:

22, ILS ÉTAIENT.

22, ILS SONT.

22 ÊTRE.


Je me suis éveillée avec la joie au coeur de ceux qui ont croisé l'ineffable.



 

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fab 11/12/2007 20:39

c'est aussi parlant que les 7 nains dans blanche neige. 22, ils étaient, 22, ils sont, 22 être : je ne comprends pas la signification, je suppose qu'il y en a une?big bisous

Azalaïs 07/12/2007 10:34

J'ai compris que tu écrivais pour la consigne juste au dernier moment  tellement l'histoire était prenante ! Bravo !

camomille 06/12/2007 11:34

Un petit coucou Françoise ! En souhaitant que tu ais toujours la joie au coeur !

Leloire Marie-Claude 06/12/2007 00:05

si bien écrit, si bien décrit ... Que je les ai vu moi aussi ! 

camomille 05/12/2007 12:10

Bonjour Françoise ! Que tu es agréable à lire, surtout quand la joie est au rendez-vous.. Superbe texte que celui-ci ! Bravo ! Bonne journée !